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La démarche sociologique

Vous êtes ici : » » La démarche sociologique ; écrit le: 16 février 2012 par mariouma modifié le 6 octobre 2014

La démarche sociologiqueLa sociologie est une science qui ne s’improvise pas. Elle repose nécessairement dans sa pratique sur l’élaboration et la mise en place d’une démarche lie spécifique, qui est le résultat de règles à suivre tout au long d’une recherche pour répondre aux exigences de l’objectivation.
I apprenti sociologue, placé en situation de mener une enquête, se trouve dans la plupart des cas démuni dans les premiers moments de s.» recherche. Alors qu’il ressent un profond intérêt pour l’objet qu’il a choisi de traiter, il n’a pas une idée précise de la manière de procéder.
Il a alors tendance à céder à certains écueils. Dans la plupart des cas, il se réfugie dans une lecture boulimique d’ouvrages sans avoir préalablement jugé ou estimé leur pertinence pour ses travaux. Ou plus rarement, il se lance directement sur le terrain sans avoir réalisé le travail préparatoire de délimitation de son objet de recherche. Or, si chaque phénomène étudié oblige à appliquer des méthodes spécifiques, il existe une démarche sociologique qui peut s’appliquer à tout travail scientifique en sciences sociales. Dans leur ouvrage collectif Le Métier de sociologue, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Passeron et Jean-Claude Chamboredon posent avec Gaston Bachelard que « le fait scientifique est conquis, construit et constaté »
Nous vous présentons ici les trois actes de la démarche.

• Le premier moment : la rupture
Une des premières difficultés à laquelle se trouve confronté le chercheur en sciences sociales sont ses propres préjugés, avec lesquels il lui est d’autant plus difficile de rompre qu’il est pris dans la société qu’il étudie. Aussi, il est confronté à sa subjectivité, à ses schèmes de perception et d’appréciation de la réalité, qui sont eux-mêmes le produit des visions communes de la réalité. En effet, de manière quasi- systématique, le choix d’un objet de recherche repose sur des intérêts qui ne sont pas socialement neutres. Ils peuvent être, par exemple, l’impression de familiarité avec cet objet. Cela oblige donc le chercheur à toujours contrôler les effets qu’il pourrait induire dans sa recherche. La rupture constitue ainsi le premier acte d’une démarche scientifique ;
• Le second moment : la construction
Mais cette rupture ne va pas de soi. Elle est le produit non seulement d’un travail qui peut prendre la forme d’une critique du langage ordinaire, d’un dépassement des formes d’ethnocentrisme, d’une élaboration de statistiques, pour faire apparaître des relations nouvelles et non directement accessibles, mais aussi de la mise en place d’un cadre théorique de référence. Les propositions explicatives dolvrn! ftlir.i sur des hypothèses et des concepts valablement constituas
• Le troisième moment : la constatation
Ce n’est qu’après avoir réalisé ce travail préalable que les propositions explicatives doivent être soumises à l’épreuve des faits. Ce dernier moment est celui de la constatation ou de l’expérimentation.
Aussi, les trois sociologues insistent sur la hiérarchie de ces actes épis-témologiques (la construction ne peut avoir lieu avant la rupture, la constatation avant la construction) et sur leur interdépendance étroite : la rupture se termine avec la construction alors que la constatation est soumise à la qualité de la construction, la construction ne pouvant être validée que par la constatation.
Comme le montrent les sociologues Raymond Quivy et Luc Van Cam-penhoudt dans le Manuel de recherche en sciences sociales2, les trois actes distingués sont réalisés au cours d’une succession d’opérations qui peuvent être différenciées en sept étapes :
1. Rupture
• Formulation d’une question de départ
• Exploration par les lectures et les premiers entretiens
• Élaboration de la problématique
2. Construction
• Construction du modèle d’analyse
3. Constatation
• Observation
• Analyse des informations
• Conclusions
Il s’agira ici de détailler successivement dans le détail les sept étapes distinguées par Raymond Quivy et Luc Van Campenhoudt.



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Une réponse pour "La démarche sociologique"

  1. NDARUZANIYE François-Xavier  6 octobre 2014 at 14 h 11 min

    La matière est plus que jamais nécessaire. il faut également perpétuer les recherches sociologiques sur les cas des terroristes el shabab, alkaida et le printemps arabe.

    pourquoi le tiers-monde s’appauvrit davantage, pourquoi apparemment le colonialisme revient déguisé sur les territoires noirs et du tiers-Monde? milles et une questions balancent ma recherche.

    Pourquoi l’Occident tend à nier Dieu tandis qu’il finance l’Afrique et d’autres pays en voie de développement au niveau de l’implantation des sectes?

    Pourquoi apparemment le monde devient de plus en plus un jungle?

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